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A comme ... Album primo-avrilesque

En 1874, Claude Monet présente au public :

Impression, soleil levant.

La suite est connue .....

En 1882, Paul Bilhaud, auteur de comédies-vaudevilles 
et de chansons de café-concert expose dans un cadre doré, un tableau à la manière noire : 

"Combat de nègres dans un tunnel"

S'est-il inspiré du dessin (une planche noire constellée de points blancs) de Bertall, publiée en 1843 : 

"Vue de la hougue (effet de nuit),
par M. Jean-Louis Petit"

L'histoire de la peinture ne fait que recommencer.
Alphonse Allais le prouve en publiant chez Ollendorf, le 1er avril 1897 (jour oblige) :

"L'Album primo-avrilesque"

C'est une petite brochure à l'italienne de 28 pages au format 19x13. En belle page et au recto seulement sont imprimées sept monochromes encadrées de vignettes, successivement : noir, bleu, vert, jaune, rouge, gris et blanc. 
L'album est préfacé par l'auteur (lui-même) :

C'était en 18 ... (ça ne nous rajeunit pas, tout cela.)
Amené à Paris par un mien oncle, en récompense d'un troisième accessit d'instruction religieuse brillamment enlevé sur de redoutables concurrents, j'eus l'occasion de voir, avant qu'il ne partît pour l'Amérique, enlevé à coups de dollars, le célèbre tableau à la manière noire, intitulé :

COMBAT DE NEGRES DANS UNE CAVE, PENDANT LA NUIT (1)

(1) On trouvera plus loin la reproduction de cette admirable toile. Nous la publions avec la permission spéciale des héritiers de l'auteur.

L'impression que je ressentis à la vue de ce passionnant chef-d'oeuvre ne saurait relever d'aucune description.
Ma destinée m'apparut brusquement en lettres de flammes.
- Et moi aussi je serai peintre ! m'écriai-je en français (j'ignorais alors la langue italienne, en laquelle d'ailleurs je n'ai, depuis, fait aucun progrès). (1).

(1) Allusion, sans doute, à la fameuse parole : Anch' io son pittore.

Et quand je disais peintre, je m'entendais : je ne voulais pas parler des peintres à la façon dont on les entend le plus généralement, de ridicules artisans qui ont besoin de mille couleurs différentes pour exprimer leurs pénibles conceptions.
Non !
Le peintre en qui je m'idéalisais, c'était celui génial à qui suffit pour une toile une couleur : l'artiste, oserais-je dire, monochroïdal.
Après vingt ans de travail opiniâtre, d'insondables déboires et de luttes acharnées, je pus enfin exposer une première oeuvre :

PREMIERE COMMUNION DE JEUNES FILLES CHLOROTIQUES
PAR UN TEMPS DE NEIGE

Une seule Exposition m'avait offert son hospitalité, celle des Arts incohérents, organisée par un nommé Jules Lévy, à qui, pour cet acte de belle indépendance artistique et ce parfait détachement de toute coterie, j'ai voué une reconnaissance quasi durable.

Si j'ajoutai un mot à ces dires, ce serait un mot de trop.

Mon OEUVRE parlera pour moi !

                                                      ALPHONSE ALLAIS.


*



Album Primo - Avrilesque

COMPOSE

1° D'une spirituelle préface par l'auteur ;
2° De sept magnifiques planches gravées en taille-douce
 et de différentes couleurs,
3° D'une seconde préface presque aussi spirituelle
 que la première,

Et enfin
D'une marche funèbre spécialement composée
 pour les funérailles d'un grand homme sourd.


PRIX : UN FRANC


PARIS  -  PAUL OLLENDORF. EDITEUR, 28 bis rue de Richelieu





COMBAT DE NEGRES DANS UNE CAVE, PENDANT LA NUIT
(Reproduction du célèbre tableau)


STUPEUR DE JEUNES RECRUES APERCEVANT POUR LA PREMIERE FOIS TON AZUR,
O MEDITERRANEE !


DES SOUTENEURS, ENCORE DANS LA FORCE DE L'AGE ET LE VENTRE DANS L'HERBE,
BOIVENT DE L'ABSINTHE


MANIPULATION DE L'OCRE PAR DES COCUS ICTERIQUES


RECOLTE DE LA TOMATE PAR DES CARDINAUX APOPLECTIQUES
AU BORD DE LA MER ROUGE
(Effet d'aurore boréale.)

RONDE DE POCHARDS DANS LE BROUILLARD


PREMIERE COMMUNION DE JEUNES FILLES CHLOROTIQUES
PAR UN TEMPS DE NEIGE



________________________


Marche Funèbre 

Composée pour les 

FUNERAILLES D'UN GRAND HOMME SOURD

Précédée d'une Préface de l'Auteur




PREFACE

L'AUTEUR de cette Marche funèbre s'est inspiré, dans sa composition,
 de ce principe, accepté par tout le monde,
 que les grandes douleurs sont muettes.

Les grandes douleurs, étant muettes, les exécutants devront uniquement 
s'occuper à compter des mesures,
 au lieu de se livrer à ce tapage indécent qui
retire tout caractère auguste aux meilleures obsèques.

                                                                                                                                   A.A.






Imprimé à petit nombre en 1897 pour Paul Ollendorf, l'Album primo-avrilesque a été réimprimé à l'identique en juin 1987 (dans un format légèrement supérieur à l'original) sur les presses de Plein Chant, à Bussac (Charentes) pour les éditions du Palmier en zinc.  Cette édition a été enrichie d'une préface du peintre-sculpteur 
Pol Burry, Régent de Cinématoglyphe du Collège de Pataphysique.
Quelques exemplaires (édition tirée à 1000 exemplaires) sont encore disponibles à la vente au Petit musée d'Alphonse / Honfleur.

En novembre 1999, les éditions Climats réédite l'Album primo-avrilesque. Même format, mais présentation différente.
En janvier 2005, nouveau tirage pour les éditions Al Dante. Couverture cartonnée au format 25,5 x 18. Postface de Marc Partouche.

*

En 1883, quatorze ans avant la parution de l'Album primo-avrilesque, pour la deuxième exposition du Salon des Incohérents de Jules Levy, Alphonse Allais exposa Première communion de jeunes filles chlorotiques par temps de neige. Son nom et son "oeuvre" figure au catalogue. (1)

... et 118 ans plus tard, sur l'initiative du Professeur René Küss, pour le salon : Honfleur, un siècle de peinture, la Société des Artistes Honfleurais expose à nouveau les monochromes blanc, jaune, rouge et vert d'Alphonse Allais.  Au Grenier à sel, du 14 juillet au 2 septembre 2001. Juste entre Bateaux dans le port d'Honfleur de Claude Monet et L'été à Trouville d'Eugène Boudin.  
Alphonse Allais et les Impressionnistes réconciliés pour l'éternité !

- mais qu'est-ce donc ces gens qui pensent révolutionner l'art, parce qu'ils font de la peinture dont les contours ne sont pas délimités et moins foncée que les autres ! )
                                                                
                                                                Alphonse Allais.



(1)  Les Arts incohérents (1882-1893) 
       Catherine Charpin. 1990.
       Arts incohérents, académie du Dérisoire, 
       Dossier du Musée d'Orsay, 1992.


*

A  comme ...
         " L'Affaire Blaireau "


En 1895, Alphonse Allais écrit en collaboration avec Alfred Capus un vaudeville en trois actes : Innocent.  Ce vaudeville est joué pour la première fois au Théâtre des Nouveautés à Paris, le 7 février 1896.
Après accord de son co-auteur, Alphonse Allais en adapte un feuilleton quotidien qu'il publie dans Le Journal, du 6 août au 1er septembre 1898, en le titrant : L'Affaire Baliveau.
En 1899, il publie ce feuilleton en librairie aux éditions de la Revue Blanche, avec quelques variantes.  Baliveau est nommé Blaireau et Mme de Chouetteville devient Mme de Chaville.

François Caradec dans : Alphonse Allais, oeuvres posthumes aux éditions Robert Laffont, écrit :

Le sujet d' "Innocent", pièce écrite en 1895, était celui d'une erreur judiciaire. Faut-il y voir une allusion à l'affaire Dreyfus, qui avait éclaté dans la presse à la fin de l'année 1894 ? Allais ne choisit en tout cas pas au hasard le nouveau titre de son feuilleton, "L'Affaire Blaireau", en 1898. Cette année là, Emile Zola a fait paraître "J'accuse" dans "L'Aurore" du 13 janvier ; le colonel Henry est arrêté en plein feuilleton, le 30 août  ; le 3 juin 1899, le jugement de 1894 sera cassé, et le 30 juin, Alfred Dreyfus reviendra de l'île du Diable. Mais l'affaire Dreyfus ne sera pas finie pour autant quand "L'Affaire Blaireau" paraîtra chez un éditeur dreyfusiste, la "Revue Blanche" des frères Natanson.

*


Alphonse Allais dédicace L'Affaire Blaireau a son ami Tristan Bernard :


QUELQUES LIGNES (1) DE L'AUTEUR
A L'ADRESSE DE TRISTAN BERNARD

Cher Tristan Bernard,

Te rappelles-tu le voyage que nous fîmes l'an dernier à pareille époque au tombeau de Chateaubriand ? (Je ne sais plus si cette visite avait le caractère d'un pèlerinage, ou si elle était le résultat d'un pari de douze déjeuners). Nous avions pris le train, selon une pieuse coutume, à la gare Montparnasse.
Le soir, sur ces entrefaites, était tombé. Je me souviens qu'au moment où nous brûlions la station de N., et où une brusque secousse nous avertit que nous passions sur le premier degré de longitude, je te parlai de mon prochain volume, avec la fièvre et l'abondance qui me caractérisent quand je suis dans une période de production. Dans mon ardeur, je m'engageai alors à te dédier ce livre, moyennant certaines conditions.
Je tiens aujourd'hui ma promesse : non sans une joie très vive, je te dédie le livre suivant, sur lequel j'attire ton attention.
Tu remarqueras d'abord que les descriptions y sont très brèves, et que l'on n'y insiste sur l'aspect général des nuages, arbres et verdures de toute sorte, sentiers, lieux boisés, cours d'eau, etc., que dans la mesure où ces détails paraissent indispensables à l'intelligence du récit. En revanche, le plus grand soin a été apporté au dessin (outline) et à la peinture (colour) des caractères. D'autre part, l'intrigue (plot) est entrecroisée avec tant de bonheur qu'on la dirait entrecroisée à la machine ; or, il n'en est rien. Quant au style (style), il est toujours noble et, grâce à des procédés de filtration nouveaux, d'une limpidité inconnue à ce jour.
Tels sont, mon cher ami, les mérites de cet ouvrage, qu'en échange de la petite gracieuseté que je te fais, tu pourras recommander, le cigare aux lèvres, avec une nonchalance autoritaire, dans les cercles, les casinos, les garden-parties et les chasses à courre.
         Cordialement à toi,
                                                              ALPHONSE ALLAIS.   


(1) Ces quelques lignes sont écrites spécialement pour Mr. Tristan Bernard ; néanmoins les autres lecteurs peuvent en prendre connaissance, elles n'ont absolument rien de confidentiel.

_________________________


L'Affaire Blaireau a été adaptée trois fois au cinéma.  En 1923, par Louis Osmont. Film muet avec André Brunot dans le rôle de Blaireau.  Avec Marcelle Duval, Anny Fleurville et Dorval.

En 1931, par le cinéaste Henry Wulschleger. L'acteur Bach interprète Blaireau.  Avec Alice Tissot et Charles Montel.

En 1957, Yves Robert (A.A.A.) adapte L'Affaire Blaireau sous le titre Ni vu, ni connu et donne le rôle de Blaireau à Louis de Funès.  Avec Pierre Mondy (A.A.A.), Claude Rich, Moustache et le chien "Fout le camp".
La première du film se fera à Paris aux cinémas "Français" et "Marignan" le 23 avril 1958.


Illustration : Blaireau vu par Claude Turier (A.A.A.)






A comme ... A.A.A.A.

Association des  Amis 
                      d'Alphonse Allais.



Deux autoroutes, l'A3 et l'A4 mènent chez Alphonse Allais :

L'A3 : Académie Alphonse Allais
(voir à : A comme ... Académie)
L'A4 : autoroute pouvant être empruntée (avec promesse de la rendre) par tous les amateurs de bons mots et même les autres, après acquittement d'un léger droit de péage. 

L'Association des Amis d'Alphonse Allais s'est donnée 
(elle-même) pour but de prolonger et élargir l'action de l'Académie, et de créer ses propres Joyeusetés Allaisiennes.
Elle permet également à ses membres de participer aux réunions majeures organisées par l'A3 et l'A4, place du Tertre à Montmartre et place Alphonse Allais à Honfleur. Pour la remise du Prix National Alphonse Allais et la réception dans le sein chaleureux de l'Académie des nouveaux impétrants.

Retrouvez les noms des administrateurs (on ne vous cache rien !) de l'Association des Amis d'Alphonse Allais et le "bulletin d'allaision" sur le site : www.boiteallais.com
(En page d'accueil, cliquez sur le logo A4).



 


A comme ... Jane Avril


En 1892, Alphonse Allais écrit cette dédicace en tête d'un conte publié dans Le Journal :

- A celle-là seule que j'aime et qui le sait bien.


Il fait suivre cette note en bas de page :

- Dédicace commode, que je ne saurais trop recommander à mes confrères. Elle ne coûte rien, et peut, du même coup, faire plaisir à cinq ou six personnes.

Cinq ou six personnes ? N'en croyez rien. Cette année là, Alphonse est amoureux. Eperdument amoureux. Et de Jane Avril, une rousse, rousse jusqu'à l'indécence :

- Oh ! petite rousse, vous ne saurez jamais comme je vous aimai tout de suite, et comme je contemplai goulûment votre nuque où venait mourir, très bas, en frisons fous, votre toison d'or fin !

Jane Avril, "danseuse-étoile" du quadrille "naturaliste" du Moulin-Rouge.
Jane Avril, sobriquée Fil de soie, Petite secousse, La Melinite par ses amis du Chat Noir :

- Je découvris Le Chat Noir où m'introduisit le spirituel humoriste - et si normand - Alphonse Allais ... Jane Avril résume sa vie dans la danse.
Danse qu'elle partage sur la scène du Moulin-Rouge avec La Goulue, Rayon d'or, Grille d'Egout, Nini Pattes-en-l'air et Valentin le Désossé.
Mais c'est elle que Toulouse Lautrec peint.

- Belle, non certainement elle ne l'était pas. Elle avait le visage et le corps d'une enfant, mais d'une pauvre enfant anémique, nourrie au hasard, trop tôt jetée dans la vie. Même elle aurait été laide sans le charme bizarre de ses petits yeux verts, relevés sur les tempes à la japonaise, et qui contrastaient par leur naïve gaieté avec le sourire vieillit de ses lèvres.

Mais Alphonse est amoureux. Eperdument.

- Et si délicate elle était ! Elle semblait composée de la pulpe de je ne sais quel rêve rose ...

- Sa grâce morbide, vague, ambiguë, son sourire mystérieux, sa danse dansée pour son propre plaisir, envoûte Alphonse.

- Jane, flexible, et longue, et mince, mince et sa danse, un gigotement preste et fol, un pas fouetté qu'elle mène avec une grâce de fille heureuse de jouer avec ses jambes, comme avec des lanières ...

Ce qui fit (peut-être) écrire à Alphonse : Les jambes permettent aux hommes de marcher et aux femmes de faire leur chemin.

- Vêtue d'une robe sombre et plate, mais très cintrée en bas, qui se relève en volute sur des jupons rose et vert-de-gris, elle a l'air, dans son tournoiement rapide, d'on ne sait quoi de volubile et d'harmonieux, où, depuis les cheveux jusqu'à la pointe des pieds, tout vibre d'ensemble. On la suit des yeux, comme un de ces tourbillons qui trouent sans le troubler, le cristal d'un fleuve. Mais alors et soudain, elle s'évade de son propre rytme, le brise, en crée un autre ; et ne paraît jamais lasse, elle-même, de s'inventer.

Elle a alors 24 ans, Alphonse, lui, 38. Leur idylle semble avoir duré deux ans.

- Alphonse Allais, bien qu'humoriste, n'en était pas moins sentimental à ses heures.
Se mit-il pas en tête de m'épouser !
C'aurait été un bien cocasse ménage.
Comme je me refusai d'accepter sa proposition, il s'en manqua de peu qu'un drame en résultat, une nuit qu'il me poursuivait dans l'avenue Trudaine.
Moitié riant, moitié pleurant, il brandissait un revolver dont il nous destinait les balles. Vous voyez ça d'ici !
J'eus quelque difficulté à l'apaiser, d'autant que les liqueurs de Salis ne devaient pas être étrangères à son exaltation, don lui-même se blagua par la suite ...

Jane ne gardera souvenir d'Alphonse que l'air d'un contremaître anglais, écrira-t-elle dans ses souvenirs.






A comme ... Nicole Avezard

Les Grands visiteurs du Petit musée d'Alphonse

                                     

Elle a raccroché dans son armoire à glace, exposée au nord de sa maison (pour les garder au frais), son fichu, ses mi-bas et ses robes kitsch. Elle fut la Lucienne Beaujon du célèbre duo des Vamps : Nicole Avezard.

A la fin de l'année 1992, avec la complicité de Michel Drucker, bas les masques, sortie de scène. Nicole abandonne les planches pour les toiles, où elle fait naître "Les Josianes ", des grosses dames follement drôles : petites têtes binoclardes, cheveux au carré, fessiers extraordinairement bien compris, robes rouge, jaune ou vert-pomme, ces drôles de bonnes femmes s'amusent de tout et de rien, ou vice-versa.
Evoluant dans un monde rond, elles organisent une course de "fer à repasseuse" ou pédalent sur des fouets "à battre les oeufs en neige". Elles s'amusent d'un rien, trinquent au champagne, histoire de dire "tchin" ! Les Josianes volent dans l'air comme Nicole Avezard vole dans ses rêves, sur sa toile.

- Tout simplement, je peins des choses qui me font rire.

Les Josianes, contrepoint du diplôme de docteur en mécanique des fluides que Nicole a rangé au fond du tiroir de son armoire à glace ?
L'humour acide ou tendrement sucré sur la toile ou sur la scène de Nicole Avezard est là, comme le fit Alphonse Allais, pour briser le miroir tronqué de la "sériosité ambiante"

- La vie est une plaisanterie, regardons là bien en farce  (Philippe Davis, Président de l'A4).

Et comme Les Josianes vont jusqu'au bout de leurs rêves de jeune fille, elles nous replongent en immersion totale dans la douceur rose et vert-pomme de nos rêves d'enfant.

Nicole Avezard, Vamp, peintre, auteur, artiste multi-cartes est entrée dans La vie drôle d'Alphonse Allais un 1 avril (date oblige) 2006.
Un autre clair matin d'avril 2007, Nicole Avezard, marraine de renom-gourmande, porta sur les fonds-baptismaux de la gourmandise, le Macaron d'Alphonse, un macaron à l'absinthe crée par le maître-pâtissier es-macarons : Olivier Deschamps, sur une idée d' Eve Pitovic.

Retrouvez la comédienne, l'artiste-peintre, l'auteur Nicole Avezard sur : www.avezard.com




      Nicole Avezard et Pascal Selem
 au Petit musée d'Alphonse.

                                    
Nicole Avezard et Pascal Selem, victimes des effluves
du flacon contenant de l'eau infestée par le bacille hilarant


*

Photos : D.R. (1), Bertrand Brelivet (2 à 6) Jacques Lefebvre (7 et 8)





A comme ... Année 1905

En ce premier de l'an 1905, il pleut sur Paris.

Il reste à Alphonse Allais 9 mois, 27 jours, 9 heures et 15 minutes à vivre sur cette terre. 
Mais il ne le sait pas encore !
Pourtant dans ses dernières 27 chroniques écrites cette année 1905, trois auront pour thème la mort et le suicide : La mort de Coco, Festina lente et L'enrhumé.

Alphonse Allais a plusieurs fois "mis en scène" un perroquet dans ses contes et chroniques.
Dans La mort de Coco, ce 2 mars 1905, huit mois avant sa propre mort, Alphonse fait mourir son héros : Coco le perroquet.
Texte prémonitoire, chronique d'une mort annoncée ?

- Une bande d'affreux corbeaux le déchiquettent vivant, à grands coups de bec ...

Accident ou mort volontaire ?  Les "corbeaux" ne seraient-ils pas les créanciers d'Alphonse ou sa neurasthénie qui le ronge de plus en plus ?
Le perroquet était aussi souvent comparé au fou du roi.   Le fou du roi, l'amuseur, le maître à penser.

Le 14 février, quinze jours avant la parution de cette nouvelle, dans Joli trait d'altruisme chez un adolescent, Alphonse Allais pose aussi un point final pour l'un de ses personnages préférés :
Mr Bénévole Mansuet, ce garçon si sensible qu'il ne pouvait voir battre le beurre, frapper les bouteilles de champagne, voir tomber la nuit ....
Si l'on croit sa soeur Jeanne Leroy-Allais, on sait que le jeune Alphonse fut un enfant souffrant d'une forte sensibilité. Regardant une poussière volant dans un rayon de lumière, il dit :
- Dire qu'il y a peut-être des millions de souffrances dans cette petite chose. Plus tard, quand je serai grand ....
Adulte, il s'efforça de faire croire à des millions de gens que la vie était drôle, en leur donnant l'arme absolue : l'humour.

En écrivant ce texte, Joli trait d'altruisme chez un adolescent, Alphonse Allais a t-il le sentiment d'un échec personnel ?
Bénévole Mansuet, personnage d'Alphonse Allais ou Alphonse Allais, personnage Bénévole Mansuet ?

- ..... je m'enfonçai dans le brouillard. Je n'ai jamais eu l'idée de lui reprocher, mais qu'il était froid, le brouillard de cette brave petite aube naissante.

Alphonse Allais est mort à 9 h 15, un matin d'automne froid et pluvieux.


Photo : Alphonse Allais sur son lit de mort par Ernest Lajeunesse.






A comme ...
Académie Alphonse Allais


L'Académie Alphonse Allais (l'A3), a été créée en 1954 sur l'initiative du cinéaste Henri Jeanson, pour le centenaire de la naissance du grand Alphi.

Lors de cet événement, qui rassembla notamment Martine Carol, Fernand Ledoux, Jacques Prévert, Raymond Queneau, le premier Prix Alphonse Allais : 
" le Prix séculaire d'horticulture allaisienne" , est attribué à Eugène Ionesco.

Puis l'Académie s'est endormie dans les années 60, pour être réveillée (l'abus de lit n'est pas un travers sain) en 1985, par Robert Chouard, date de déclaration des statuts.

Depuis 1985, l'Académie décerne tous les ans le Prix national Alphonse Allais.

L'Académie Alphonse Allais a inscrit dans ses statuts :
" L'Académie a pour objet de promouvoir, d'encourager ou de développer, dans les pays francophones (et ailleurs), toutes formes d'expression culturelle, notamment littéraire, d'humour, dans l'esprit du grand écrivain "

Le Prix National Alphonse Allais est décerné à Paris, place du Tertre à Montmartre.
Les nouveaux Académiciens sont reçus en l'Académie dans une cérémonie officielle à Honfleur.

Tout et même plus que tout sur l'Académie Alphonse Allais dans le site : www.boiteallais.com   (cliquez sur la médaille A.A.A. en page d'accueil du site officinal).





A comme ... ascenseur.

En 1867 apparaissent en France les premiers ascenseurs hydrauliques.
Dans Amours, délices et orgues, paru en 1898, Alphonse Allais, toujours soucieux de soulager les maux par les mots, imagine .... L'Ascenseur du peuple.

L'ascenseur (lift) est rare dans nos batîsses françaises, surtout dans celles où s'abritent le prolétariat, la menue bourgeoisie et la toute petite administration.
Pauvre gens qui trimez tout le jour, c'est votre lot à vous, chaque soir, accomplie la rude besogne, de grimper, à l'exemple du divin Sauveur, votre quotidien calvaire.
Cependant que de gras oisifs, d'opulents exploiteurs n'ont qu'un bouton à pousser pour regagner, mollement assis, leurs somptueux entresols !
La voilà, la justice sociale ! La voilà bien !

On m'a présenté, dernièrement, un monsieur qui a trouvé un moyen fort ingénieux pour remédier à ce déplorable état de choses. Avec l'assentiment du propriétaire, il a organisé à l'une de ses fenêtres un appareil assez semblable à celui dont on se sert pour tirer l'eau du pluie : une forte poulie, une solide corde, et, aux bouts de la solide corde, deux robustes paniers pouvant contenir chacun une personne.
Sur le coup de sept heures et demie ou huit heures, selon qu'il a bu deux ou trois absinthes, notre homme, employé de la "Compagnie générale d'assurance contre la moissure", (c'est le métier de notre inventeur), arrive au pied de la maison.
Un coup de sifflet ! Une fenêtre s'ouvre; au bout d'une corde, un panier descend jusqu'au sol.
L'homme s'installe dans le panier.
Second coup de sifflet ! 
C'est alors le tour de la bourgeoise d'enjamber le balcon et de s'installer dans l'autre panier.
Comme le poids de la dame est inférieur à celui du monsieur, il ne ne se passe rien tant que l'aîné des garçons n'a pas ajouté à sa maman un poids supplémentaire.
Ce poids est représenté par une lourde pendule Empire, qui suffit à rompre l'équilibre.
Dès lors, le panier descend, cependant que monte celui du monsieur. Ce dernier peut ainsi regagner son appartement sans la moindre fatigue. La femme n'a plus qu'a remonter les six étages par l'escalier, tenant dans ses bras la pendule Empire, à laquelle elle doit bien faire bien attention, car son mari y tient énormément.

Photo : La maquette du principe de l'ascenseur du peuple au Petit musée d'Alphonse.